"Ils étaient malheureux : ils avaient eu tellement de mal à accepter leur vie quotidienne qu'ils avaient pris, chacun de son côté et dans le secret de sa détresse, une route de travèrse pour la quitter. Heureusement pour eux, ce chemin-là était barré au moment qu'ils avaient choisi, aussi se retrouvaient-ils à nouveau dans le train de la vie. Leurs pas étaient hésitants, leurs mains refusaient souvent d'autres mains, les yeux ne se levaient pas facillement vers d'autres yeux. Ils avaient le coeur en bandoulière, l'âme en prison, les mots dans la tête et pas dans la bouche, parfois des larmes sèches sur des lèvres scellées, des révoltes au poings serrés, des secrets qu'ils ne s'avouaient plus..."
C'est comme cela que je me sens... lisant ces lignes dans un livre... je me sens bisarre... lire exactement comment l'on se sent, comment on n'a jamais osé dire que l'on se sentait... instant de réflexion... instant de passage à vide... un peu perturbée... mais voilà... je me sens comme ça, quand on y met de belles formes...
("Camille Clarisse", Robert Bigot... c'est beau)