Assise, là, le regard fixe et perdu. Mon lit en bataille, mes vêtements toujours aussi noirs et jamais assez noirs... Moi assise, qui ne pleure pas et ne veut pas pleurer. Moi qui tient une paire de ciseaux ouverte dans la main. Les yeux perdus sur mon bras. Mon bras, je l'observe. Et je bouge l'autre et vite, une trace, puis deux. Cela ne suffit pas, je recommence, encore, encore. Je dessine, fais une croix de plein de traits, des étoiles et des lignes parallèles. Je n'ai pas encore mal. Je regarde, et je vois progressivement le sang qui monte, et qui coule lentement le long de mon bras mutilé. Dessins de sang, qui dégoulinent et traversent ma peau. Ca fait du bien. Je regarde ces traces, essui un peu, laisse sècher et continu de contempler ce rouge libérateur qui s'étale sur mon corps sans valeur.